Pourquoi planter un arbre à kiwi dans votre jardin ?
Imaginez couper un fruit juteux encore tiède de soleil, quelques minutes après l’avoir détaché de sa liane. Avec un seul pied bien conduit, vous récoltez des dizaines de kiwis chaque automne, bourrés de vitamine C, de fibres et d’antioxydants.
L’arbre à kiwi n’en est pas vraiment un : c’est une liane vigoureuse, l’actinidia, capable de couvrir une pergola en quelques années. Si vous cherchez une plante productrice qui transforme un coin de jardin en havre ombragé, elle est difficile à battre.
Ce guide vous prend par la main depuis le choix de la variété jusqu’à la conservation des fruits. Vous y trouverez des tableaux comparatifs, une checklist de plantation et un calendrier d’entretien saisonnier pour éviter les erreurs classiques et viser une première récolte réussie.
Avant de planter : ce qu’il faut savoir sur l’arbre à kiwi
L’arbre à kiwi n’a pas de tronc ni de ramure classique. L’Actinidia deliciosa ou chinensis est une liane volubile qui s’enroule autour de n’importe quel support suffisamment solide. Sans palissage, elle rampe et s’emmêle au sol, produisant peu de fruits.

En climat tempéré, la plupart des variétés supportent des gels jusqu’à -15 °C, ce qui correspond aux zones de rusticité 5 à 7. En dessous, les jeunes pousses souffrent, et un paillage épais au pied devient indispensable. Installez-la au plein soleil, abritée des vents froids, dans un sol riche, profond et surtout bien drainé. Une terre lourde et gorgée d’eau condamne les racines à pourrir en un hiver.
Les premiers fruits apparaissent généralement au bout de 4 ans. Et puisque la plupart des variétés portent des fleurs mâles et femelles sur des pieds séparés, il vous faudra souvent planter au moins un mâle pour 3 à 6 femelles. Les variétés autofertiles, en revanche, se satisfont d’un pied unique, ce qui les rend parfaites pour les petits jardins.
Matériel nécessaire avant de démarrer
- Un ou deux plants d’actinidia (selon variété dioïque ou autofertile)
- Un support solide : poteaux en bois traité, câbles inox ou treillage métallique
- Du compost mûr ou fumier décomposé (environ 15 L par trou)
- Un paillage épais (copeaux, paille, feuilles mortes)
- Tuteurs temporaires
- Un arrosoir ou tuyau micro-poreux
Choisir la bonne variété d’actinidia
Le succès de votre culture repose d’abord sur le choix du cultivar. Deux grandes familles coexistent : les variétés dioïques, qui exigent un pied mâle et un pied femelle pour fructifier, et les variétés autofertiles, dont un seul plant suffit. Les premières produisent souvent des fruits plus gros ou plus parfumés, les secondes éliminent le casse-tête de la pollinisation quand vous ne disposez que d’un petit espace.
Ensuite, évaluez votre climat. En région froide (zone 5), privilégiez un kiwaï (Actinidia arguta) qui encaisse des gels à -25 °C. En situation douce, les kiwis jaunes ‘Sungold’ ou les classiques ‘Hayward’ donnent des résultats remarquables. Pensez aussi à la place disponible : une pergola de 5 m de long supporte sans peine une variété vigoureuse, mais sur une terrasse, mieux vaut opter pour un kiwi nain ou un sujet conduit en cordon.
Enfin, votre palais décidera : la chair verte et acidulée du ‘Hayward’, la douceur jaune et juteuse du ‘Sungold’, ou la peau lisse et rouge du kiwaï ‘Weiki’ qui se croque entier.
Tableau comparatif des variétés d’arbre à kiwi
Pour vous aider à trancher, voici les caractéristiques clés de huit cultivars fréquemment disponibles en pépinière.
| Variété | Type | Hauteur / envergure | Rusticité | Goût / chair | Récolte | Usage recommandé |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hayward | Femelle (dioïque) | 4-5 m x 2 m | -15 °C | Vert acidulé, très parfumé | Mi-oct. – nov. | Grand jardin, pergola |
| Bruno | Femelle (dioïque) | 4-5 m (indicatif) | -12 °C env. | Chair verte, allongé | Fin oct. – nov. | Production régulière, haie fruitière |
| Jenny | Autofertile | 4-6 m x 3-6 m | -18 °C | Sucré, légèrement acidulé | Fin août – sept. | Petit jardin, culture isolée |
| Kiwi jaune ‘Sungold’ | Femelle (dioïque) | 9-15 m x 3-5 m | -12 °C | Très sucré, chair jaune | Sept. – nov. | Grande pergola, climat doux |
| Kiwi rouge ‘Weiki’ | Femelle (dioïque) | 4-6 m (indicatif) | -25 °C | Très sucré, peau lisse | Fin été – automne | Climat froid, balcon, petits fruits |
| Renact (Solissimo®) | Autofertile | Indéterminée (vigueur forte) | -12 à -15 °C (estimé) | Gros fruit parfumé | Décembre – février | Production hivernale, pas de pollinisateur |
| Tomuri | Mâle (pollinisateur) | 4-6 m x 3-6 m | -15 °C | Fleurs mellifères, pas de fruit | — | À planter avec 5-7 femelles |
| Issai (kiwaï) | Autofertile | 5-6 m x 4 m | -25 °C | Doux, parfumé, peau lisse | Fin été | Petit espace, régions froides |
Si vous débutez, une variété autofertile comme ‘Jenny’ ou ‘Issai’ vous simplifie la vie. Pour une production abondante et un goût classique, installez un trio ‘Hayward’ + ‘Tomuri’. En climat rude, le robuste ‘Weiki’ ou l »Issai’ sont imbattables.
Budget : combien coûte un arbre à kiwi ?
Le prix d’un arbre à kiwi varie selon l’âge, le conditionnement et le cultivar. En godet (8×8 cm), un plant d’actinidia classique coûte entre 2 et 5 € ; pour un sujet en pot de 1,5 à 2 L, tablez sur 10 à 30 €, voire 40 à 50 € pour un pied déjà palissé sur treillage. Une variété recherchée comme le kiwi jaune ou un plant autofertile certifié peut dépasser les 25 €. Achetez de préférence en pépinière locale pour vérifier l’état des racines, ou sur des sites spécialisés comme Javoy-Plantes ou Bakker, en lisant les avis récents. Évitez les godets trop secs ou aux feuilles tachées.
Comment planter votre arbre à kiwi
Une plantation ratée ruine des années de patience. Voici comment donner à votre liane le départ qu’elle mérite.

Checklist de plantation clé en main
- ☐ Choisir un emplacement ensoleillé et abrité du vent
- ☐ Vérifier le drainage du sol (pas d’eau stagnante) et amender si besoin (compost, terreau, sable)
- ☐ Creuser un trou de 50 × 50 × 50 cm
- ☐ Installer un support solide (pergola, fils tendus) avant de planter
- ☐ Planter le kiwi au même niveau que dans le conteneur, puis tuteurer
- ☐ Arroser abondamment et pailler (copeaux, paille)
Préparation du sol
Ouvrez un trou large un mois avant la plantation, idéalement à l’automne. Incorporez 15 à 20 L de compost mûr et un peu de sable grossier si votre terre est lourde. Le pH idéal se situe entre 5,5 et 7 ; en sol trop calcaire, un apport de terre de bruyère ou de compost acide aide. Si l’eau stagne après une pluie, surélevez la plantation sur une petite butte.
Mise en place du palissage
L’actinidia s’accroche seule une fois qu’elle a trouvé un appui, mais les premiers mètres demandent un guidage. Fixez des fils horizontaux espacés de 40 cm entre deux poteaux, ou construisez une pergola d’au moins 2 m de haut. Installez le support avant de mettre la plante en terre, pour ne pas blesser les racines par la suite.
Plantation proprement dite
Dépotez délicatement le plant, démêlez les racines si elles forment un chignon. Placez la motte dans le trou de façon que le collet (point de greffe éventuel) affleure la surface. Rebouchez en tassant légèrement, puis formez une cuvette d’arrosage. Si vous devez associer un mâle et une femelle, respectez un écart de 2 à 3 m entre les plants, en plaçant le mâle face aux vents dominants pour favoriser la dissémination du pollen.
Arrosage initial et paillage
Arrosez copieusement (20 L par plant) juste après la plantation. Étalez une couche de paillis de 5 à 10 cm d’épaisseur autour du pied, sans toucher le tronc. Le paillage maintient l’humidité, bloque les adventices et protège les racines du froid. Pensez à le renouveler chaque printemps.
Pour approfondir les techniques de plantation communes à de nombreux arbustes, n’hésitez pas à consulter notre guide de plantation pour arbustes.
Entretien saisonnier : taille, arrosage, fertilisation
Un kiwitier livré à lui-même devient vite une jungle improductive. En comprenant son cycle, vous garderez le contrôle tout en maximisant la fructification.

Taille d’hiver (février‑mars) : c’est la taille de structure. Supprimez le bois mort, les branches qui s’entrecroisent et les tiges grêles. Sélectionnez 3 à 4 charpentières vigoureuses et palissez‑les horizontalement. Sur ces branches, ne gardez que des rameaux latéraux espacés de 20‑30 cm. Les bourgeons restants donneront des pousses fructifères au printemps.
Taille d’été (juillet‑août) : pincez les pousses non fructifères qui partent de la charpente, en ne laissant que 4 à 5 feuilles au‑delà du dernier fruit. Cette taille en vert aère la ramure, réduit les attaques d’araignées rouges et concentre la sève vers les kiwis en formation.
Arrosage : l’actinidia craint plus l’excès que le manque ponctuel. Un apport régulier de 10 à 15 L par semaine et par plante, éventuellement deux fois par semaine en canicule, suffit. Paillez pour éviter l’évaporation. En sol sablonneux, fractionnez davantage.
Fertilisation : au débourrement (mars), épandez une poignée d’engrais organique (corne broyée, guano, compost) au pied, suivi d’un léger griffage. Un apport de compost maison à l’automne entretient la fertilité du sol. Arrêtez tout engrais azoté après juillet pour ne pas fragiliser les tissus avant l’hiver.
Protection hivernale : dans les zones froides, buttez le pied avec un paillis de feuilles mortes sur 20 cm et entourez le tronc d’un voile d’hivernage si les températures descendent sous -12 °C.
Calendrier d’entretien saisonnier
- Printemps : plantation des nouveaux sujets, apport de compost, palissage des jeunes pousses
- Été : arrosage régulier (1 à 2 fois/semaine), surveillance des araignées rouges et de l’oïdium, taille en vert
- Automne : récolte avant les gelées, taille légère des rameaux ayant fructifié, paillage du pied
- Hiver : taille de fructification (bois mort, sélection des charpentières), protection contre le gel
Maladies, ravageurs et problèmes courants
Même bien menée, une liane peut rencontrer des soucis. Voici les plus fréquents et leurs parades simples.
| Problème | Symptôme | Solution biologique |
|---|---|---|
| Oïdium | Feutrage blanc sur feuilles | Pulvérisation de soufre mouillable ou purin d’ortie dilué |
| Araignées rouges | Taches jaunes, fine toile | Savon noir à 2 %, huile de neem, acariens prédateurs (Phytoseiulus) |
| Pourriture racinaire | Flétrissement, départ des racines | Drainage amélioré, suppression des plants atteints, ne pas replanter au même endroit |
| Chancre bactérien (Psa) | Exsudats orange, dépérissement | Couper les parties atteintes, désinfecter les outils, choisir variétés tolérantes |
| Carences (azote, fer) | Jaunissement inter-nervaire | Compost, purin de consoude, chélate de fer en sol calcaire |
Les erreurs culturelles sont responsables de bien des déboires : un manque de pollinisation (pied mâle absent ou trop éloigné) donne des fruits minuscules ou inexistants ; un excès d’eau asphyxie les racines avant même que les feuilles ne jaunissent. Une liane bien nourrie, aérée et ensoleillée résiste bien mieux aux agressions. Surveillez vos plants une fois par semaine : une intervention précoce règle la plupart des déséquilibres sans traitement lourd.
Récolte et conservation des kiwis
Les kiwis ne mûrissent pas tous ensemble, ce qui étale le plaisir sur plusieurs semaines. Les fruits sont prêts lorsque la peau brunit et qu’une légère pression du pouce laisse une empreinte. Le pédoncule doit casser net quand on le plie. Ne tirez jamais : coupez avec un sécateur propre pour ne pas abîmer la liane.

Selon les variétés, la récolte s’étale de septembre à novembre, voire décembre pour les tardifs comme ‘Solissimo®’. Ramassez les fruits avant les premières fortes gelées qui les rendraient cotonneux.
Pour la conservation, placez les kiwis encore fermes dans une cagette à température ambiante : ils finiront de mûrir en une à deux semaines. Accélérez le processus en ajoutant une pomme. Une fois mûrs, stockez-les dans le bac à légumes du réfrigérateur : ils se gardent 3 à 4 semaines. Vous pouvez aussi les transformer en confitures, les déshydrater en lamelles, ou les congeler en morceaux pour des smoothies. Avec leur teneur record en vitamine C, ce serait dommage de se priver de cette réserve santé en hiver.

Arbre à kiwi : vos questions sur la culture de l’actinidia
Quel est le nom de l’arbre à kiwi ?
L’arbre à kiwi est en réalité une liane appelée actinidia (Actinidia deliciosa ou chinensis). Le terme vient du grec aktis, « rayon », en référence à la disposition des styles floraux. On parle aussi parfois de kiwitier, mais le juste nom botanique reste actinidia.
C’est quoi un kiwitier ?
Le terme « kiwitier » désigne la même plante que l’actinidia, le nom botanique de la liane qui produit les kiwis. Ce mot vernaculaire s’est imposé dans le langage courant pour faire écho à l’anglicisme « kiwi tree », mais il reste rare dans les ouvrages horticoles.
Où et comment planter un arbre à kiwi ?
Plantez votre actinidia dans un sol riche, bien drainé, au soleil et à l’abri du vent, contre un support robuste. La meilleure période se situe en automne ou au début du printemps, hors gel. Respectez un espacement de 2 à 3 m entre plants, et installez le palissage avant la mise en terre.
Est-ce qu’un kiwi pousse vite ?
Oui, le kiwi est une liane à croissance rapide, pouvant gagner 3 à 5 mètres par an une fois établie. La première fructification intervient généralement 3 à 4 ans après la plantation, parfois 5 ans pour les variétés à gros fruits, à condition que la pollinisation soit assurée.
Quelle est la différence entre un actinidia mâle et femelle ?
L’actinidia femelle porte les fruits, tandis que le mâle ne produit que des fleurs avec du pollen indispensable à la pollinisation. Pour obtenir des kiwis, il faut compter un mâle pour 3 à 5 femelles en variété dioïque. Les variétés autofertiles n’ont besoin que d’un seul pied.
Quel est le prix d’un arbre à kiwi ?
Le prix d’un plant d’actinidia varie entre 10 et 30 euros en godet, et peut atteindre 50 euros pour un sujet déjà palissé. On le trouve en jardinerie, en pépinière locale ou sur des sites spécialisés. Privilégiez des plants aux racines saines et au feuillage exempt de taches.
Quelle hauteur peut atteindre un arbre à kiwi ?
Selon la variété et le support, l’actinidia peut grimper jusqu’à 6 à 10 mètres de long, bien qu’on le limite souvent à 3‑4 mètres par la taille. Pour les petits espaces, les cultivars nains ou les kiwaïs (comme ‘Issai’) réduits par la taille annuelle restent très productifs.
D’où vient l’arbre à kiwi ?
Originaire de Chine, l’actinidia a été introduit en Nouvelle-Zélande au début du XXe siècle, où il a été commercialisé sous le nom de « kiwi » en référence à l’oiseau emblématique du pays. La culture s’est répandue en Europe dans les années 1970, notamment en France et en Italie.
Qu’est-ce qu’un kiwi jaune ?
Le kiwi jaune (Actinidia chinensis) est une variété à la chair douce et sucrée, moins acide que le vert, souvent issue du cultivar ‘Sungold’. Sa peau est lisse, sa chair juteuse, et il nécessite un climat doux et bien ensoleillé. Sa popularité ne cesse de croître en Europe.





