Vous rêvez de récolter des petits pois tendres et sucrés tout l’été ? La réussite commence par un bon semis. Dans ce guide, je vous livre toutes les étapes pour planter vos petits pois au bon moment, avec la bonne méthode, et éviter les erreurs classiques. De la préparation du sol à la récolte, suivez le pas à pas d’un jardinier expérimenté.
Avant de commencer : tout ce dont vous avez besoin pour planter vos petits pois
Avant même de glisser la première graine en terre, trois choses méritent votre attention : le matériel, le sol et la variété. Un sol mal préparé, c’est une levée capricieuse. Un outil inadapté, c’est du temps perdu. Et une variété choisie au hasard, c’est parfois une récolte décevante. Voici comment partir du bon pied.
Le matériel indispensable
Pas besoin d’un arsenal hors de prix pour réussir ses petits pois. L’essentiel tient en quelques outils simples, à condition de savoir pourquoi on les utilise :
- Une bêche ou une fourche-bêche : pour ameublir le sol en profondeur avant le semis. La fourche-bêche a l’avantage de ne pas trancher les lombrics, vos meilleurs alliés souterrains.
- Une griffe ou un croc : pour casser les mottes et affiner la terre en surface. Un lit de semence trop grossier gêne la germination.
- Un cordeau et deux piquets : rien de tel pour tracer des lignes droites. C’est visuellement clair, et ça facilite le binage entre les rangs.
- Une binette : incontournable pour butter les plants quand ils atteignent 10-15 cm, mais aussi pour désherber entre les lignes.
- Un arrosoir avec pomme fine : l’arrosage en pluie douce évite de déloger les graines ou de creuser la terre. Oubliez le jet direct au tuyau juste après le semis.
- Du paillis : paille, tonte de gazon bien séchée, feuilles mortes… Vous en aurez besoin après la levée pour garder le sol frais et limiter les arrosages.
Gardez tout ça à portée de main avant de commencer, vous éviterez les allers-retours frustrants en plein semis.
Un sol léger et fertile : la base du succès
Les petits pois sont exigeants sur la qualité du sol, mais pas compliqués. Leur terre idéale est légère, fraîche, bien drainée, riche en humus, avec un pH neutre autour de 6 à 7. Un sol lourd, argileux et gorgé d’eau, c’est l’ennemi numéro un : les graines pourrissent avant même d’avoir germé.
La préparation commence, dans l’idéal, dès l’hiver. Un bon bêchage à 20-25 cm de profondeur permet d’ameublir la terre et d’enfouir les résidus de culture. En février-mars, dès que le sol est ressuyé (il ne colle plus aux outils), passez un coup de griffe énergique pour affiner les 10 premiers centimètres. C’est là que les racines vont plonger. Profitez-en pour retirer cailloux, racines et mauvaises herbes vivaces.
Deux à trois semaines avant le semis, incorporez du compost bien décomposé en surface (un seau de 10 litres pour 2 m²), griffé légèrement. Pas de fumier frais, surtout : il brûle les jeunes racines et favorise des montées en feuilles au détriment des gousses.
Enfin, un désherbage soigneux avant le semis vous épargne une concurrence féroce pendant les premières semaines de croissance. Les jeunes pois détestent partager leur espace avec des adventices voraces.
Quelles variétés de petits pois planter ?
Ici, tout dépend de ce que vous voulez dans votre assiette. Deux grandes familles se partagent le terrain :
- Les pois à écosser : vous ne mangez que les grains, une fois la cosse ouverte. C’est le pois classique, sucré, parfait pour les conserves ou la congélation.
- Les pois mangetout : vous consommez la gousse entière, avant que les grains ne se forment complètement. Plus rapides à récolter et sans gaspillage.
Ensuite, la hauteur des plants change tout pour l’organisation du potager :
- Les variétés naines (30 à 50 cm) : compactes, souvent précoces, elles se passent de tuteur. Idéales en petit potager ou en climat venteux.
- Les variétés à rames (jusqu’à 2 m) : plus productives sur la durée, mais elles exigent un support solide (filet, treillis, branches).
Pour un débutant, je recommande souvent le pois nain à écosser ‘Serpette’, très précoce et rustique, ou le mangetout nain ‘Normand’, facile et généreux.
Quand semer les petits pois : la période idéale
Le semis de printemps reste la méthode la plus sûre sous nos climats tempérés, mais il existe d’autres options pour les plus pressés ou les régions clémentes. Deux facteurs dictent le bon moment : la température du sol et le risque de gelées tardives. Voyons cela en détail.
Semis de printemps : de mars à juin
La règle d’or : le sol doit atteindre au moins 8 à 10 °C pour que la germination démarre normalement. En dessous, les graines stationnent, s’épuisent, et finissent souvent par pourrir. En France, ce seuil est atteint à des moments très différents selon les régions.
Voici un repère indicatif :
| Région | Période de semis conseillée | Remarques |
|---|---|---|
| Midi méditerranéen, littoral atlantique doux | Mi-février à mars | Attention aux coups de chaud précoces en mai |
| Centre, Bassin parisien, Grand Ouest | Mi-mars à avril | Attendre la fin des fortes gelées |
| Nord, Est, zones continentales | Avril à début mai | Sol plus long à se réchauffer |
| Montagne (au-delà de 600 m) | Mai à début juin | Choisir des variétés précoces et naines |
Un détail que les calendriers oublient souvent : semez tôt pour éviter la chaleur estivale. Dès que les températures dépassent 25 °C plusieurs jours de suite, les pois stoppent leur floraison. En semant tôt (mars-avril), vous donnez aux plants le temps de produire avant les grosses chaleurs de juin-juillet.
Autre stratégie qui fait ses preuves : le semis en plusieurs passages. Semez la moitié de votre rang en mars, l’autre moitié 3 semaines plus tard. Vous étalez la récolte et évitez le syndrome « tout mûr le même jour ». Avec des variétés de précocité différente, l’effet est encore plus marqué. Obtenir un sol bien drainant et réchauffé est tout aussi essentiel que pour l’agapanthe en pleine terre.
Comment semer les petits pois : les trois méthodes pour réussir
Il n’y a pas une seule bonne méthode, mais trois, chacune adaptée à une situation. Le semis en ligne convient à toutes les variétés et reste le plus classique. Le semis en poquets optimise l’espace pour les variétés naines. Le semis en godets permet de prendre de l’avance quand le climat est capricieux. Voici le détail, geste par geste, avec un tableau récapitulatif pour vous aider à choisir.

Méthode 1 : le semis en ligne, simple et efficace
C’est la technique reine pour les rangs de pois, surtout les variétés à rames qui demandent des lignes bien structurées.
- Tendez un cordeau entre deux piquets pour tracer une ligne droite. Avec un outil tranchant (manche de râteau, serfouette), ouvrez un sillon de 2 à 3 cm de profondeur sur toute la longueur.
- Déposez les graines une à une tous les 2 à 3 cm. Inutile de trop les serrer : des plants trop denses se font de l’ombre et attirent les maladies.
- Refermez le sillon avec la terre fine émiettée sur le côté. Tassez ensuite légèrement avec le dos du râteau ou la paume de la main. L’objectif : bien mettre les graines en contact avec le sol, sans les écraser.
- Arrosez en pluie fine avec la pomme de l’arrosoir, jusqu’à ce que le sillon soit bien humidifié.
L’écartement entre les lignes dépend de la hauteur finale des plants :
- Pour les variétés naines (jusqu’à 50 cm) : laissez 30 à 40 cm entre les rangs. C’est suffisant pour biner et butter.
- Pour les variétés à rames (plus de 70 cm) : écartez les rangs de 50 à 70 cm. Les plants ont besoin de place, et vous aussi pour installer les tuteurs et circuler entre les lignes.
Cet espacement n’est pas un caprice : une bonne circulation d’air entre les rangs limite l’oïdium, ce feutrage blanc qui apparaît par temps chaud et sec. Et vous aurez la place de ramener la terre autour des pieds au moment du buttage.
Méthode 2 : le semis en poquets pour les variétés naines
Le semis en poquets, c’est un peu le regroupement familial en pleine terre. Il est parfait pour les pois nains, compacts et sans besoin de support.
Le principe est simple : au lieu de semer en ligne continue, vous formez des petits trous (les poquets) de 2 à 3 cm de profondeur, espacés de 20 à 30 cm en tous sens. Dans chaque poquet, déposez 3 à 4 graines. Recouvrez de terre, tassez doucement, arrosez.
Les avantages sont réels :
- Gain de place appréciable dans un petit potager : vous optimisez chaque mètre carré.
- Buttage facilité : les plants émergent en touffes compactes. Ramener la terre autour de chaque touffe devient un jeu d’enfant.
- Solidarité végétale : les plants se tiennent les uns aux autres. Dans une région ventée, ils résistent mieux qu’une ligne clairsemée.
⚠️ Ne surchargez pas les poquets. Au-delà de 4 graines, les plants s’étouffent et produisent moins. Si plusieurs lèvent, gardez les 2-3 plus vigoureux et arrachez les plus chétifs une semaine après la levée.
Méthode 3 : le semis en godets pour prendre de l’avance
Quand le printemps tarde à réchauffer le sol, ou que les limaces mènent la vie dure aux semis directs, le semis en godets devient une excellente option.
Voici comment procéder :
- Remplissez des godets biodégradables (ou des plaques de semis) avec un terreau spécial semis, fin et léger.
- Déposez 2 à 3 graines par godet, enfoncées d’environ 2 cm.
- Placez les godets sous abri : châssis froid, serre, véranda non chauffée, derrière une fenêtre bien éclairée. La température idéale se situe autour de 12 à 15 °C.
- Maintenez le terreau humide mais jamais détrempé. La levée intervient en 8 à 15 jours.
- Quand les plants atteignent 10 à 15 cm, et que les gelées sérieuses sont passées (généralement avril-mai), repiquez en pleine terre.
Le repiquage est l’étape délicate. Les petits pois n’aiment pas qu’on dérange leurs racines. L’astuce, c’est d’utiliser des godets en tourbe que vous plantez directement en terre : les racines traversent la paroi sans choc. Sinon, manipulez la motte avec une extrême douceur.
L’avantage de cette méthode, c’est une récolte avancée de 3 à 4 semaines par rapport au semis direct. Les plants sont déjà robustes quand ils arrivent en terre, et ils échappent aux limaces qui sévissent sur les jeunes pousses.
Tableau comparatif des paramètres de semis
| Méthode | Profondeur recommandée | Espacement entre graines | Espacement entre rangs | Conseil spécifique |
|---|---|---|---|---|
| En ligne | 2-3 cm | 2-3 cm | 30-40 cm (nains) / 50-70 cm (rames) | Tassez légèrement après le semis, arrosez en pluie fine |
| En poquets | 2-3 cm | 20-30 cm entre poquets (3-4 graines) | 30-40 cm entre lignes de poquets | Idéal pour pois nains ; éclaircir à 2-3 plants par poquet après levée |
| En godets | 2 cm dans le godet | 2-3 graines par godet | Repiquer tous les 20-30 cm en ligne (ou en poquet) | Plantez le godet entier (tourbe) ou repiquez avec soin à 10-15 cm de hauteur |
Arroser sans faire pourrir : les secrets d’un arrosage réussi
Un arrosage au bon moment et à la bonne dose, c’est ce qui fait la différence entre une levée franche et un rang clairsemé. Trop d’eau, et les graines pourrissent avant même de germer. Pas assez, et la levée s’éternise. Voyons comment trouver le juste milieu.
Fréquence et quantité d’eau après le semis
Juste après avoir semé, votre sol doit être frais, sombre en surface, mais pas gorgé d’eau. Ni flaque ni boue : l’humidité doit imprégner les premiers centimètres sans saturer.
En pratique, arrosez dès que la surface commence à sécher. Par temps doux de printemps, cela correspond à 2 à 3 arrosages par semaine, plutôt le matin pour éviter un choc thermique en fin de journée. Par temps pluvieux, bien sûr, passez votre tour : l’excès est plus dangereux que le manque temporaire.
Pour le dosage, un repère utile : comptez un arrosoir de 10 litres pour 2 à 3 mètres linéaires. Versez toujours en pluie fine avec la pomme de l’arrosoir, sans pression. Un jet concentré délogerait les graines et creuserait de petites rigoles.
Après la levée des plants (quand ils atteignent 5-10 cm), vous pouvez réduire la fréquence à un bon arrosage hebdomadaire, mais en apportant plus d’eau à chaque fois : l’humidité doit descendre plus profondément pour guider les racines vers le bas. Un enracinement profond, c’est un plant qui résiste mieux aux coups de chaud.
Astuce pro : le paillage pour maintenir l’humidité
Quand les plants ont atteint 5 à 10 cm de hauteur (surtout pas avant, pour ne pas bloquer la levée), étalez une couche de 5 cm de paille, de tonte de gazon séchée ou de feuilles mortes tout le long des rangs.
Pensez à renouveler le paillage en été si la couche s’amincit. Pour les pois récoltés en juin-juillet, cette couverture fraîche est un bouclier thermique précieux. Elle protège les racines superficielles du stress de chaleur, ce qui prolonge la floraison de quelques jours précieux.
Signes de sur-arrosage et de manque d’eau : comment les reconnaître
Vos plants vous envoient des signaux clairs si vous savez les lire. Des feuilles qui jaunissent ou qui deviennent molles, c’est l’excès d’eau. Le sol est probablement détrempé, et les racines suffoquent.
À l’inverse, un flétrissement en pleine journée, des tiges molles qui s’affaissent, des feuilles qui se recroquevillent, c’est un manque d’eau. Le plant ne parvient plus à maintenir sa turgescence.
Le test le plus fiable ? Enfoncez votre doigt dans le sol à 3-4 cm de profondeur, à proximité des plants. Si la terre est fraîche et légèrement humide, tout va bien. Si elle est sèche, arrosez sans tarder. Si elle est boueuse, attendez que le sol ressue avant d’intervenir.
Les erreurs à éviter pour réussir vos petits pois
Même avec les bonnes techniques en tête, quelques faux pas classiques peuvent compromettre une culture prometteuse. Voici les quatre les plus fréquents, et surtout comment les contourner.
Erreur n°1 : semer trop profond ou trop tôt
C’est peut-être l’erreur la plus répandue. On sème à 5 ou 6 cm, croyant bien protéger les graines. Résultat : les germes s’épuisent dans le noir avant d’atteindre la surface, ou pourrissent dans un sol froid et humide. La profondeur optimale reste 2 à 3 cm, pas plus. Dans un sol lourd, tenez-vous à 2 cm ; dans un sol sablonneux et léger, vous pouvez aller à 3 cm.
L’autre piège, c’est l’impatience. Semer trop tôt, dans un sol à 5 °C ou moins, c’est condamner les graines à stagner pendant des semaines. Plutôt que de forcer la nature, attendez que la terre atteigne 8 à 10 °C. En mars pour les régions douces, en avril pour les autres. Le délai d’attente est toujours plus court que le temps perdu à ressemer.
Erreur n°2 : négliger le buttage
Le buttage est souvent oublié par les jardiniers débutants. Pourtant, c’est un geste simple qui change beaucoup de choses.

Quand butter ? Quand les plants atteignent 10 à 15 cm de hauteur, soit 2 à 4 semaines après la levée. Un second buttage peut être fait juste avant la floraison.
Comment ? Avec une binette, ramenez la terre de chaque côté du rang vers la base des plants. Formez une petite butte de 5 à 10 cm de hauteur le long de la tige.
Pourquoi ? Trois bonnes raisons :
- Stabilité : les tiges sont mieux ancrées. Par grand vent, les plants restent debout.
- Protection : les racines superficielles, sensibles au dessèchement et aux variations de température, sont recouvertes d’une couche protectrice.
- Alimentation : la terre rapportée stimule la formation de nouvelles racines, ce qui améliore l’absorption d’eau et de nutriments.
Pour les variétés naines semées en poquets, le buttage se fait par touffe, avec la même technique.
Erreur n°3 : oublier de tuteurer les variétés à rames
Les pois à rames grimpent jusqu’à 2 mètres. Sans support, les tiges s’affalent au sol en quelques semaines. Résultat : les gousses traînent par terre, pourrissent au contact de l’humidité, et la récolte devient une chasse au trésor fastidieuse.
Installez vos tuteurs dès le semis ou juste après la levée. Un filet à ramer tendu entre deux poteaux, un treillis en bois, ou même des branches de noisetier plantées en tipi conviennent parfaitement. L’important, c’est que les plants s’accrochent d’eux-mêmes avec leurs vrilles, sans que vous ayez à les attacher un par un.
Prévoyez des supports solides : une rangée de pois à rames chargée de gousses pèse son poids et peut coucher un tuteur fragile par grand vent.
Erreur n°4 : sous-estimer les ravageurs et maladies
Même bien menée, une culture de pois attire les convoitises.
Les limaces et escargots sont les premiers sur les rangs. Ils grignotent les jeunes pousses dès la levée. Installez des barrières physiques (cendres de bois, coquilles d’œufs broyées, pièges à bière) autour des lignes, surtout en période humide.
Les pucerons apparaissent souvent par temps sec. Ils colonisent les jeunes pousses et sucent la sève, affaiblissant les plants. Une pulvérisation préventive de savon noir dilué (5 cuillères à soupe par litre d’eau) les tient à distance.
L’oïdium, ce feutrage blanc qui recouvre les feuilles par temps chaud et sec, affaiblit les plants et réduit la récolte. La prévention est votre meilleure arme : espacez suffisamment les rangs pour une bonne aération, arrosez au pied plutôt que sur le feuillage, et pratiquez la rotation des cultures (ne remettez pas de pois au même endroit avant 3-4 ans).
Enfin, n’oubliez pas les oiseaux, qui picorent les jeunes pousses et parfois les graines à peine semées. Un filet tendu au-dessus des rangs pendant la levée peut sauver votre semis.
Variantes : semis sous serre et semis d’automne
Pour prolonger la saison des petits pois au-delà du semis de printemps, deux méthodes alternatives permettent des récoltes très précoces ou, à l’inverse, un départ anticipé avant l’hiver. Elles demandent un peu plus d’attention, mais les résultats en valent la peine.
Semis sous serre : pour des récoltes ultra-précoces
Si vous disposez d’une serre ou d’un châssis froid, vous pouvez démarrer vos pois dès février, quand le jardin est encore engourdi par l’hiver.
Semez en godets ou en caissettes, avec un terreau spécial semis, léger et drainant. La température sous abri doit se maintenir autour de 12 à 15 °C pour une levée rapide. Surveillez aussi la luminosité : des journées encore courtes et grises peuvent faire filer les plants, qui s’étiolent et s’affaiblissent. Si besoin, rapprochez les semis d’une source de lumière naturelle ou utilisez un éclairage d’appoint.
La levée prend 8 à 15 jours. Quand les plants portent 2 à 3 vraies feuilles, et que les grosses gelées ne sont plus à craindre (généralement mars-avril), vous pouvez repiquer en pleine terre. Procédez progressivement : sortez les godets quelques heures par jour pendant une semaine pour acclimater les plants aux conditions extérieures. Ce « durcissement » évite le choc thermique à la transplantation.
Le repiquage reste l’étape délicate. Utilisez des godets en tourbe que vous plantez tels quels, ou manipulez la motte avec un soin extrême pour ne pas casser les racines. Espacez les plants de 20 à 30 cm en ligne.
L’avantage est significatif : vous récoltez dès mai-juin, avec 3 à 4 semaines d’avance sur un semis direct de mars. De quoi savourer des pois primeurs quand les plants du voisin sortent à peine de terre.
Semis d’automne : pour les régions à hiver doux
Dans les régions où l’hiver reste clément — Midi méditerranéen, littoral atlantique, zones abritées où le thermomètre descend rarement sous -5 °C —, le semis d’automne est une stratégie ancienne et efficace.
Semez en octobre-novembre une variété reconnue pour sa résistance au froid, comme le pois ridé ‘Hâtif d’Annonay’. Les graines passent l’hiver en terre, germent très lentement, et démarrent leur croissance dès les premiers redoux de février-mars. La récolte intervient alors en avril-mai, avant les chaleurs.
La condition sine qua non : un sol parfaitement drainé. En hiver, l’eau stagnante est fatale. Cultivez sur buttes si votre terre est lourde. Protégez éventuellement les semis avec un voile d’hivernage lors des nuits les plus froides.
Le risque principal, c’est une vague de gel intense et prolongé après la levée. Les plantules sont vulnérables. Restez donc prudent si votre région connaît des hivers rigoureux.
Checklist ultime pour réussir votre semis de petits pois
Avant de vous lancer, voici un récapitulatif de toutes les étapes clés, dans l’ordre. Cochez-les mentalement avant, pendant et après le semis. C’est votre filet de sécurité.
- [ ] Préparer le sol plusieurs semaines à l’avance : bêcher sur 20-25 cm, incorporer du compost bien décomposé, retirer cailloux et racines.
- [ ] Désherber soigneusement avant le semis, surtout les vivaces.
- [ ] Adapter le drainage : si le sol est lourd, cultiver sur buttes de 15-20 cm.
- [ ] Choisir la bonne date de semis en fonction de la région et de la température du sol (8-10 °C minimum).
- [ ] Sélectionner les variétés selon l’usage (à écosser ou mangetout) et la place disponible (naines ou à rames).
- [ ] Tracer des lignes droites au cordeau pour les semis en ligne, ou préparer les poquets/godets.
- [ ] Semer les graines à la bonne profondeur : 2 cm en sol lourd, 3 cm en sol léger, jamais au-delà.
- [ ] Respecter les espacements : 2-3 cm en ligne, 20-30 cm en poquet, ou 2-3 graines par godet.
- [ ] Tasser légèrement la terre après le semis pour un bon contact graine-sol.
- [ ] Arroser immédiatement en pluie fine, sans détremper le sol.
- [ ] Maintenir le sol frais pendant la germination : 2 à 3 arrosages légers par semaine par temps sec.
- [ ] Pailler quand les plants atteignent 5-10 cm : une couche de 5 cm de paille ou tonte séchée réduit l’évaporation.
- [ ] Butter les plants à 10-15 cm de hauteur : ramener la terre autour des tiges sur 5-10 cm.
- [ ] Installer les tuteurs dès le semis pour les variétés à rames (filets, treillis, branches).
- [ ] Surveiller les ravageurs : barrières anti-limaces, savon noir contre les pucerons, filet contre les oiseaux.
- [ ] Pratiquer la rotation des cultures : pas de pois au même endroit avant 3-4 ans pour éviter l’oïdium.
- [ ] Récolter au bon moment : gousses pleines mais encore tendres pour les pois à écosser, gousses plates et craquantes pour les mangetout.
- [ ] Cueillir régulièrement : une récolte tous les 2-3 jours stimule la production de nouvelles gousses.
Vous avez toutes les clés. Les petits pois sont une culture gratifiante qui récompense largement le soin apporté au semis. Avec un sol bien préparé, une date de semis respectant le rythme de la terre, et ces quelques gestes au bon moment, votre récolte sera abondante. Bonne plantation !
Vos questions sur la plantation des petits pois

Comment semer les pois mange-tout ?
La méthode est identique à celle des autres pois : semez à 2-3 cm de profondeur, en ligne ou en poquets. La différence est à la récolte : cueillez les gousses entières quand elles sont plates et tendres, avant que les grains ne gonflent. Les variétés naines, faciles à cueillir sans se baisser, sont idéales.
Comment arroser les semis de petit pois ?
Arrosez en pluie fine juste après le semis, sans détremper. Maintenez le sol frais pendant la germination par des arrosages légers tous les 2-3 jours par temps sec. Après la levée, espacez les arrosages mais apportez plus d’eau à chaque fois pour encourager un enracinement profond. Le paillage réduit la fréquence.
Quand semer un petit pois sous serre ?
Semez sous serre à partir de février, en godets ou en caissettes, quand la température minimale atteint 12°C. Les plants seront prêts à repiquer en pleine terre en mars-avril, après les dernières fortes gelées. Cette méthode avance la récolte de 3 à 4 semaines par rapport au semis direct.
Comment semer des pois en pleine terre ?
Tracez des sillons de 2-3 cm de profondeur, espacés de 30 à 70 cm selon la variété. Déposez une graine tous les 2-3 cm en ligne, ou 3-4 graines groupées en poquets tous les 20-30 cm. Recouvrez de terre fine, tassez doucement, puis arrosez en pluie fine. Maintenez le sol frais jusqu’à la levée.
Peut-on semer les petits pois en automne ?
Oui, dans les régions où les températures hivernales descendent rarement sous -5°C. Semez en octobre-novembre des variétés résistantes au froid, comme ‘Hâtif d’Annonay’. Les graines passent l’hiver en terre et germent au printemps pour une récolte en avril-mai. Assurez un drainage parfait pour éviter la pourriture hivernale.
À quelle profondeur semer les petits pois ?
La profondeur idéale est de 2 à 3 cm. Un semis plus profond retarde la levée ou fait pourrir les graines. Un semis trop superficiel expose les graines aux oiseaux ou au dessèchement. En sol lourd, restez à 2 cm. En sol léger et sableux, 3 cm sont acceptables.
Quand faut-il butter les petits pois ?
Buttez quand les plants atteignent 10 à 15 cm de hauteur, généralement 2 à 4 semaines après la levée. Ramenez la terre autour des tiges pour former une butte de 5-10 cm. Un second buttage peut être réalisé avant la floraison. Cette opération stabilise les plants et protège les racines de la chaleur.





